La Ronda del Cims 2019 by Dam

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Ronda quand tu nous tiens...

Mon histoire avec la Ronda remonte à 2016 ; après 20 heures de course, j’avais dû laisser partir Hugues et Titi seuls dans la dernière nuit tandis que je vomissais tripes et boyaux alors qu’il ne me manquait qu’une petite trentaine de kilomètres pour boucler la course ! Impossible de m’alimenter, d’énormes difficultés à boire, aucun plaisir, que de la souffrance, presque de l’inconscience. J’avais donc un petit (gros) compte à régler avec l’Andorre.

C’est Jeanphi Saux qui m’a proposé de participer cette année alors qu’il venait de s’inscrire sur la Mitic. Qu’à cela ne tienne, la Mitic (110km/11000m d+) m’a coupé la tête en 2016, en 2019 j’étranglerai sa grande sœur la Ronda (170km/13500m d+) ;-).

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, Banzaï !

Mes horaires et ceux de Jeanphi n’étant pas compatibles, mon compagnon de chambrée sera le druide : Charles Polidori !

Autant vous le dire tout de suite, voyager avec Charles c’est revivre les plus grandes heures du Touring Club de France. Les meilleurs hôtels, aux meilleurs endroits avec de très bonnes tables. Charles a donc sélectionné l’hôtel de la Coma en plein centre-ville d’Ordino.

Arrivés à J-2 du départ, nous en profitons pour nous balader dans les rues d’Ordino et déguster les pâtes andorranes à toutes les sauces. Nous en profitons surtout pour faire des siestes et dormir comme des loirs histoire de charger les batteries avant les trois prochains jours.

La veille de la course nous récupérons les dossards puis je fais la connaissance d’Apostolos Teknetzis. Je dois être les seul trailer français à ne pas encore connaitre Apostolos car sa popularité dans les rue d’Ordino est incroyable.

Nous partageons le dîner d’avant course avec Apos et Lolo Geissel qui après avoir bouclées la Mitic et l’Euforia vient en Andorre pour la 4ème fois pour poser une dernière croix sur la Ronda. Apéro sobre, bien que j’aurais bien pris, vite fait, une petite mauresque avant les pâtes, mais bon je vais plutôt attendre de retrouver Cyril à Marseille pour la boire…

On file se coucher et je ferme les paupières pas vraiment confiant pour demain car mon entrainement  Ronda s’est en tout et pour tout limité à 4 blocs

  • • Bloc1 - Tracé du TSB + Trail de Signes le lendemain
  • • Bloc2 - Reco de la 6666 avec Titi A. et Anne-Marie
  • • Bloc3 – Off en Ubaye avec Cyril
  • • Bloc4 – Off Sainte-Victoire avec Charles

Cette histoire devra donc se jouer à l’expérience… d’autant plus que c’est la première fois depuis cinq ou six ans que je pars seul sur un ultra puisque Titi boucle son chantier.

- Vendredi matin 7h. Le départ est donné au rythme les tambours d’Ordino, j’en ai encore la chair de poule, c’est partit pour un petit voyage de 50/55 heures ou nous allons passer 16 cols au-dessus de 2400m.

Ne souhaitant pas me mettre la pression avec les horaires, aucun ne figure sur mon profil. Mes seuls points de repère sont

  • • Tombée de la 1ère nuit du coté de la Comapédrosa (Km 43,5)
  • • Tombée de la 2nde du coté de la porta Bianca (Km 118)

Je décide de faire la première montée (Collada Ferreoles - 1500m d+) avec Charles et Apos. Ils sont en principe un peu plus lents que moi mais ça m’obligera à démarrer tout doux.

C’est une belle montée sous le soleil durant laquelle on commence à découvrir les sommets qui nous entourent. Tout fonctionne à merveille, je bois, je mange (beaucoup de pastèques et melons blancs), j’urine, je suis en forme, quel plaisir ! Je pointe 325/450 au 1er ravito de Sorteny et 315 à Arcalis qui est le 2ème ravito et ou j’arrive vers 14/15h.

- Vendredi 15h. Les choses sérieuses commencent par la montée sèche (500m d+ technique) de la Brexta d’Arcalis. Cette montée minérale est exigente et difficile.  Pendant ce temps, je ne revois la deuxième place de Virenque ici en 97 juste derrière Ulrich et devant Pantani :-). En réécrivant ces trois noms 22 ans plus tard, je me dis que si Monsanto les avaient fait pisser dans des cuves, ils n’auraient jamais découvert le roundup ! Plus prosaïquement, je me dis surtout que nous rentrons dans la deuxième grande partie de l’itinéraire qui nous fera traverser tout le massif de la Comapédrosa avant de nous mener à la base de vie n°1 de La Marginéda.

La descente de la Brexta nous conduit à de magnifiques lacs de montagne avant de remonter au Clos Cavall. Un des plus beaux points de vue du parcours : nous parcourons une longue crête descendante bordée de magnifiques sommets de part et d’autre. Une première fois j’ai trouvé le paradis du coté du Monte Cintu, à coup sur un deuxième existe ici.

Nous effectuons ensuite une longue traversée fastidieuse en direction du Pla Estany qui marque le départ de l’ascension de La Comapédrosa (900m d+ sur 2 kilomètres, ça monte !) point culminant de la course et de l’Andorre. La montée est très raide, longue mais quel plaisir d’être accueillis par un joueur de cornemuse au sommet. Dans la montée, j’ai fait la connaissance d’Hugues qui comme moi bosse dans l’univers de la communication et me propose de faire la nuit ensemble. Banco, allons y !

- Vendredi 20h. Notre objectif est maintenant de rallier La Margineda en milieu de nuit via un profil descendant. Hugues a un bon rythme, nous gagnons rapidement le refuge de la Coma. Ce refuge étroit et remplis de coureurs en phase d’abandon ne nous incite pas à faire de vieux os. Cap vers la Botella ou notre équipe compte un partenaire supplémentaire : Éric. Le profil est toujours facile et descendant et après une pause rapide à la Botella nous mettons le cap sur Bony de la Pica ou notre équipe passe de 3 à 4 avec l’arrivée de Carole (29 ans – 5 ou 6 ultras à son actif) un sacré petit de femme dotée d’une volonté de fer.

La descente de la Margineda équipée de câbles est hyper technique et nous arrivons tous les quatre à la base de vie vers 4h.

Alors que tout le monde souhaite un peu de sommeil, je les préviens que ma sieste fétiche de 6 minutes me suffira et que je partirai (seul) juste après.

- Samedi 4h30. Bilan : après 22 heures de course, j’ai parcouru 70km/5700d+, même si il reste 100km/7800d+, seul dans la première grosse montée de la journée (Cortals Manyat -d+700m), je pête le feu et me dit que depuis le début de course, je n’ai pas eu un seul accroc, pourvu que ça dure…

Le jour se lève et l’état de grâce n’aura pas duré longtemps. Je ne m’en étais pas rendu compte mais pendant la descente de la Margineda je me suis fait deux colossales ampoules sous la plante de chaque pied. Du coup, chaque pas en descente est une souffrance et malheureusement cette année je n’ai pas Galou pour venir me soigner comme l’an dernier au col des Aravis (tu m’as manqué mon ptit frérot). La longue traversée (environ dix kilomètres) au profil descendant jusqu’au prochain ravito de Coma Bella est un supplice. Carole qui était partie quelques minutes après moi m’a rejoint au ravito ou nous nous gavons de pastèque avant de repartir 5 minutes plus tard !

Nous nous apprêtons à attaquer le gros morceau de la journée : la montée du Pic Nègre (1300m de d+) sur un terrain facile mais raide. Nous réalisons la première moitié en une petite heure sans coup férir puis au petit ravito ma camarade Carole a un léger coup de mou. Nous faisons six minutes de sieste et repartons tambour battant. La seconde partie de la montée  est abominable, il s’agit d’une double trace de 4x4 droit dans la pente de 300m de d+ en plein cagnard à midi pile. Dans ces cas je sors ma martingale « la spéciale Titi » tu ralentis, tu raccourcis la foulée, tu ne t’arrêtes pas et surtout tu la fermes !

Une heure plus tard nous sommes en haut nickels et attaquons la descente qui me fera souffrir jusqu’à retrouver le parcours de la Mitic et rejoindre le ravito du refuge Claror et passer le 100ème kilomètre, plus que 70 à faire, on s’approche, on s’approche ;-)

- Samedi 15h30. Nous ne trainons pas à Claror, direction Illa avant de filer à notre seconde et dernière base de vie du Pas de la Case en début de nuit. C’est une longue portion de 25 kilomètres et 8 heures durant laquelle nous aurons très chaud et franchirons des dénivelés raisonnables. Hugues nous rejoint juste avant Illa, il est en pleine forme et fait toute la portion devant jusqu’au Pas de la Case.

- Samedi 23h45. Nous arrivons au ravito vers 23h15. Hugues est pris en charge par sa famille et Philippe qui a réalisé plus de 100 marathon et qui fait l’assistance de Carole est également aux petits soins avec moi. Merci camarade auvergnat, content de t’avoir rencontré ;-)

Nous dormons tous les trois une vingtaine de minutes et quittons le Pas de la Case avant minuit. L’objectif est de franchir la ligne d’arrivée demain entre midi et deux. Il nous reste 45 kilomètres et un peu moins de 3000m de d+. Cette dernière nuit sera ponctuée de trois bonnes montées de 700/800m puis une longue descente de vingt kilomètres.

La nuit aura été très pénible. Hugues passe devant avec Carole et j’ai toutes les peines du monde à les suivre, les ampoules et les pieds humides me font souffrir le martyr. Je leur demande de m’attendre mais rien à faire ils tracent. Je sens que la fatigue, la lassitude et la testostérone commencent à faire des ravages. Je fais le forcing et réussis à les rejoindre au sommet du Pas de les Vaques. Mais dès le début de la descente ils repartent devant.

J’arrive à recoller au ravito d’Inclès, nous dormons tous les trois un quart d’heure, puis je ne leur laisse pas le choix, je fais la montée devant, mon rythme est régulier, on ne se fait pas doubler, mais ce n’est pas suffisant pour Hugues et Carole qui passent devant au sommet de Cresta Cabana Sorda et filent seuls vers le ravito Coms de Jan sans m’attendre. Je suis agacé par ces trois dernières heures et bien décidé de leur demander de « se casser parce qu’ils m’ont gonflé » :-) :-) :-) (c’est plus facile d’en rire trois jours après).

- Dimanche 10h00. Hugues et Carole sont partis devant, je finirai seul, tant mieux ;-)

Après une bonne dernière montée ou je rencontre un groupe de randonneurs qui m’apprennent que Pinot et Alaphilipe ont cassé la baraque sur le tour, j’attaque mon ultime descente. Je suis à vingt kilomètres de l’arrivée en pleine forme même si j’ai très chaud (j’ai perdu ma visière) et j’ai un bon rythme. Je profite de mes deux dernières heures de course en marche rapide au téléphone avec Véronica, Nathan, Maman et surtout avec Titi avec qui j’ai dû rester au moins ¾ d’heure au téléphone. Je lui raconte ma course en détail alors qu’il me fait part de ses impressions à distance puisque il m’a suivi sur le live durant les 55 heures.

J’entre dans Ordino et retrouve Charles et Apos à 200m de la ligne ou je commence à saigner du nez. Quel plaisir de les retrouver tous les deux, ils essayent de me soigner tant bien que mal avec des mouchoirs en papier mais rien n’arrête le flux, je me vide, j’ai l’impression d’être saigné comme un cochon. Je passe la ligne au petit trot avec un nez gros comme une patate.

55 heures pour faire les 170km et 13500m de d+

Mon agacement de fin course est loin, je n’en veux absolument pas à mes deux ex compagnons arrivés un peu moins d’une heure avant moi. On s’embrasse avec Charles, Apos et même Fabien qui vient de boucler l’Euforia et j’apprends que Jeanphi a terminé 25ème sur la Mitic, chapeau mon pote !

Mon nez ne s’arrête toujours pas de saigner alors que Charles et Apos sont mes deux nounous du jour et s’occupent de mes sacs et de me faire manger… Merci les gars ;-)

Nous terminerons la soirée tous les trois autour d’une bonne assiette à l’hôtel et d’un…. Perroquet ! Cyril, désolé, je n’ai pas pu attendre plus longtemps.

Au final, les ampoules me font perdre deux ou trois heures mais je m’en fiche pas mal, je savoure ma 139ème place sur 450 partants et 50% d’abandons !

J’aime l’Andorre et les organiseurs de la course qui proposent des épreuves hors normes : des courses de montagne, faites par des montagnards et pour des montagnards.

Titi bordel, qu’est-ce que tu m’as manqué ! rien n’est mieux que partir à deux ! j’ai adoré tes 25 ou 30 SMS d’encouragement mais c’est la première et dernière fois ! en 2020 on repart ensemble mon pote ;-)

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Mon premier 30Kms by Salomé

 

Mon premier CR pour mon premier 30k – Alpin trail de Pichauris – 11/11/18
A l’approche de mes 30 ans, je voulais passer à la distance supérieure et faire 30 bornes. J’ai hésité avant de me lancer. En voyant que j’étais plutôt en forme aux entraînements et après avoir parlé à plusieurs Mtciens expérimentés, j’ai choisi Pichauris. Les avis de chacun m’ont bien aidé pour le jour J : merci Ludvik pour le conseil du collant, j’ai évité plusieurs égratignures ! Merci Anne-Marie de m’avoir prévenue de la difficulté à la fin, je me suis préservée ! Merci Lio d’avoir dit « attention aux chevilles » et Nico de m’avoir conseillé de ne pas y penser, au final rien n’est arrivé ! Ce qui m’a rassuré aussi, c’était la présence d’un grand nombre de Mtciens le jour J. Rien de mieux pour le moral que de se savoir entourée par une bonne team. Et un bon apéro nous attendait à l’arrivée ! 
Je dois d’ailleurs faire un aparté sur le défi qui a commencé une semaine avant la course. Après une soirée encore beaucoup trop arrosée (Caro R s’en souvient encore… ou pas, d’ailleurs !), je ne suis pas allée à l’entrainement du samedi matin (raison officielle : la pluie / raison officieuse : je vous laisse deviner). Cette sortie était pour moi L’ENTRAINEMENT SPÉCIAL PICHAURIS - le dernier avant la course où je pouvais faire « du volume », tranquillement. Bref, c’était l’échec TOTAL de ne pas y aller. Heureusement, je suis quand même allée courir l’aprem avec Marlyse, on a fait une belle sortie. J’échange avec Lisa ce jour-là : elle m’informe qu’elle va essayer de ne pas faire d'apéro jusqu’à Pichauris et me propose de la suivre dans ce défi… BANCO ! J’avais trop abusé, c’était le moment où jamais de me rattraper de l’écart du vendredi. Hé bien, contre toute attente, j’ai TENU ! J’ai bu une menthe à l’eau un vendredi soir… c’est dire ! Il a intérêt à être bien ce trail !!!
Revenons-en, au trail. Je me suis donné de bonnes dispositions pour arriver en forme : la veille, je dormais chez ma sœur, habituée des courses, ça me rassurait. Le matin, on se fait un super petit-dej de compet’. On part à la bourre (c’est de famille) mais on se gare très facilement et on ne fait même pas la queue pour récupérer notre dossard : Daphnée nous accueille avec un grand sourire et atteste de notre existence. Il nous reste 20 minutes : le temps de boire un thé et de laisser nos affaires dans la voiture. On a à peine le temps de revenir vers le départ qu’on entend déjà la voix de Kamel échauffer la foule et annoncer un départ imminent ! On retrouve Baptiste, Marlyse, Danny & Thierry : le temps de faire un selfie et c’est parti !
Le départ se fait sous la pluie alors qu’on nous avait promis des améliorations… Heureusement, un traileur a ambiancé le départ : sur des airs de Ukulélé, il chantonne joyeusement (ça parle marin, vieux bar miteux, alcool et cigarette). Il détend l’atmosphère, on l’applaudit. La première DFCI se fait donc dans la bonne humeur et passe vite. Je croise Seb tout sourire qui est venu pour nous encourager : parfait pour bien commencer la course ! …jusqu’au bouchon avant le premier single... qui me permet quand même de rattraper Marlyse et dire bonjour à Marine qui nous encourage, avec le sourire. La première descente se fait tranquillement, il y a du monde. On remonte une DFCI, je me sens bien, la température est parfaite : la pluie a laissé place à un léger vent, il doit faire une quinzaine de degrés. J’essaie de m’accrocher à Marlyse. Lorsqu’on quitte la DFCI, on se sépare (pause technique oblige). Je continue en me disant qu’elle me rattrapera. Je continue mon petit bout de chemin, toujours en forme, jusqu’au Pic du Taoumé. La monté commençait un peu à piquer mais j’ai la bonne surprise de retrouver Quentin au sommet, qui m’encourage ! Il m’accompagne sur quelques mètres, jusqu’au premier ravito (9e km). Ça m’a reboostée, je me sens bien ! Je m’arrête rapidement pour croquer une orange, avaler un abricot, un bout de banane, sous le regard bienveillant de Quentin qui m’assure que ça me donnera plein d’énergie pour la prochaine montée. Je me souviens que le prochain ravito est au 26e km donc je garde mes réserves dans mon sac. Quentin me donne rendez-vous au Garlaban, je repars confiante. La descente se passe bien, les odeurs de thym et romarin remontent comme un shoot dans mes narines. J’avance. J’aperçois une croix à l’horizon, je me demande à haute voix si ce n’est pas le Garlaban. Les deux traileurs derrière moi n’ont pas l’air de savoir (ils avouent qu’ils devaient faire la reco mais qu’ils ont « malheureusement eu un empêchement extra-sportif » ! Ça me rassure : ça n’arrive pas qu’à moi !) Derrière, quelqu’un nous confirme que le Garlaban est à 4km. Je suis étonnée que ce soit déjà là ! Ça me motive, je relance. Mais finalement, la montée est longue. Je commence à fatiguer. Je me retourne de temps en temps, espérant voir Marlyse. Mal de dos, jambes lourdes… J’essaie de ne pas y penser et de forcer mon cerveau à penser positif. Finalement, après quelques kilomètres douloureux, une éclaircie pointe le bout de son nez. Je relève la tête (je réalise que je regardais souvent mes pieds), quelqu’un s’écrie « ah, du soleil ! », j’aperçois au loin la (vraie) croix du Garlaban : le moral revient ! Je relance en me disant qu’une fois le Garlaban passé, j’ai fait le plus dur. Dans la (raide) montée jusqu’à la croix, j’aperçois un t-shirt rouge MTC devant moi, je m’écris « c’est toi, Gérard ? », j’accélère pour le rattraper, contente de voir un visage familier ! On court quelques mètres ensemble, on entend la voix de Quentin (lui aussi en t-shirt rouge MTC, qu’est-ce qu’on est corporate !) qui nous encourage encore ! Pause photo sur le Garlaban. Je repars dans la descente, le moral regonflé à bloc. Un passage technique arrive rapidement, glissant. Je croise une fille qui remonte en sens inverse, on dirait qu’elle s’est blessée à la cheville. Elle me dit que ça va. Je me dis qu’il faut que je redouble de vigilance. La descente continue, moins technique mais longue. Je sens que ça tape au niveau du dos. Mais en même temps, je me sens à l’aise, je continue. Arrivée au ravito d'eau, j’ai le droit à une petite vidéo-question d’un organisateur. Je raconte que c’est mon premier 30km (en buvant de l’eau), on m’encourage et on me prévient que c’est la dernière montée difficile mais qu’elle est technique. Au bout de quelques mètres, ça commence à être bien rocailleux, avec beaucoup d’humidité, on s’enfonce dans la nature. Difficile de courir, on marche car le sol est glissant. Derrière moi, un traileur entame la conversation. Il me dit qu’il est de Picardie, qu’il vient d’arriver à Marseille. Je lui fais un peu la promo du club, de la Galinette… Finalement, la montée passe vite en discutant ! On se suit jusqu’à la « fameuse » chaîne. J’y retrouve Danny & Thierry, devant mois, dans la queue pour grimper. Ils ont l’air en forme et je suis contente de les voir ! Il y a du vent, je me refroidis, mais l’équipe de bénévoles met l’ambiance, j’oublie vite mes soucis. On continue sur des vasques humides, c’est beau mais glissant, ça demande beaucoup d’attention, c’est fatiguant. On est contents quand on peut enfin courir à nouveau sur un sentier. A la jonction avec le parcours « Sport », j’entends la voix de Caro dans mon dos. Je suis contente de la retrouver elle aussi ! Chaque personne croisée sur le parcours me rebooste à fond. On discute rapidement, ça m’aide à finir la montée. Là, Daphnée est avec un petit groupe et nous encourage avec énergie. Le moral est au beau fixe. Je fais une pause rapide au dernier ravito (classico Orange Abricot Banane + Tuc) et c’est reparti. On nous dit « le 30 km c’est à droite, le 16km en face ». On s’encourage avec Caro avant de se séparer. Je relance la course à mon rythme, je suis bien. Jusqu’au moment où on se fait de moins en moins nombreux sur le sentier, et qu’il n’y a plus de balisage ! On est un petit groupe de 5 personnes, on a l’air un peu perdus. Je monte jusqu’à une antenne où un randonneur avec son chien me dit de redescendre de l’autre côté. Je décide d’appeler Charlotte : elle doit être arrivée, elle pourra m’indiquer le chemin. Elle répond tout de suite, mais en discutant je me rends compte qu’on n’est pas au bon endroit. On revient sur nos pas et on croise un coureur qui a la trace et a fait la reco. Il nous confirme qu’il y a une boucle qui part et revient au ravito. On retrouve le balisage, ouf ! Ça met un petit coup au moral de se perdre… Sachant que je m’étais fixé 4h30 et que l’heure tournait… Et que je n’étais plus sûre d’avoir fait le bon parcours... Je repasse finalement par le ravito où j’informe les bénévoles qu’on s’est perdu. J’attaque la dernière descente : 3.5km. On entend en contrebas la voix de Kamel qui acclame les arrivées. Ça me booste, je relance une dernière fois avec l’énergie qu’il me reste (merci les lasagnes du jeudi !). Enfin, je vois l’arche d’arrivée, je donne tout dans mon sprint final. Kamel dit mon nom, j’entends les applaudissements des copains, je suis contente ! C’est fait !! 
Bilan : j’ai mal au dos mais mes 2 chevilles sont intactes et ça, c’est l’essentiel. Je finis en 4h35, je suis contente. Je vois des sourires sur tous les visages Mtciens, ravis d’être là, on trinque et je peux ENFIN boire une (ou trois) bières ! Un premier 30km réussi. Merci le Marseille Trail Club.

Restonica Trail by MTC

Restonica Trail en Corse ce week-end: 
- sur l’UTC (110Kms): magnifiques performances de Perrine qui gagne chez les féminines et de Julien 6eme scratch et 1er V1...vous formez un superbe couple à la ville comme sur les sentiers 
- sur le 69Kms: grand bravo à Daphné qui termine 3eme SEF 

Bravo à vous 3 pour vos résultats 
MTC Power !!! 

 

La PTL 2018 by Dam et Titi

PTL 2018 - PAS DORMIR - MARCHER

Quelque-part au fin fond des Calanques en 2016 Titi prend la parole « Bon les gars, à Cham, il n’y a qu’une seule course qui me motive : c’est la PTL !». Quinze jours plus tard, on envoyait un dossier « à blanc » à Isabelle juste pour savoir si avec nos CV feraient l’affaire pour une PTL. A priori Oui ! 
Banco, ce sera pour 2018 ! 

Je me rappellerai longtemps des mots de la speakrine avant le départ « PTL is not race, it’s a human expérience »….

Tu m’étonnes, une semaine après la course je n’ai toujours pas atterri !

Nous avions initialement imaginé de boucler la course en 6 étapes de +/- 20h
Cham – Champex
Champex – Val Vény
Val Vény – Ref. de Balme
Balme - Ref. Petit Tétras
Petit Tétras – Ref. de Doran
Doran - Cham)
En réalité notre timing n’aura tenu que les…deux premières étapes, les troisième et quatrième ayant été nettement plus longues et difficiles, la cinquième longue avec peu de sommeil et la sixième courte avec pratiquement pas de sommeil.

Pas dormir, marcher !

La première journée fut celle de la mise en route (45km et 4800m de d+) notre rythme est régulier nous trottinons toutes les sections possibles. Il fait très chaud, la montée d’Albert 1er sur la moraine est magnifique, nous prenons de la hauteur en arrivant à 2700m. Nous retrouvons l’équipe BZH Aventure nos deux bretons avec qui nous avons passé la soirée de la veille au Chamoniard volant, ils semblent déjà assez fatigués. Après deux Oranginas et les sandwichs préparés la veille par Titi, nous repartons vers 14h pour boucler la deuxième partie d’étape. Après une première montée sèche et hors trace de 700m aux Grandes Autannes, C’est la montée d’Arpette 1100m de d+. Les montées sont longues mais l’ultime descente jusqu’à la base de vie de Champex d’abord dans des chaos de blocs, puis hors trace et enfin sur un meilleur chemin n’en finit pas. 
Une heure avant d’arriver, une vache Suisse (plus d’une tonne) agacée par nos frontales, saute les 4 fers en l’air et nous charge ! Ma parole, elle s’est crue dans les arènes de Nîmes et vient de prendre Titi et son ptit cul moulé dans son ¾ pour un Torero ! Nous accélérons sur 20/30m, ouf elle n’a pas poursuivi son effort, l’aventure se poursuit pour nous !
Nous arrivons finalement à Champex vers 23h/23h30.
Il fait plus froid sous la tente que dehors, je grelotte, nous avalons vite fait notre soupe et filons dormir 3 heures, ce sera notre plus gros sommeil de la semaine !

Mardi matin 3h30 – Direction Val Vény, Il nous faudra aujourd’hui avaler 59km et 4800m de d+.
Je branche le téléphone et découvre le petit mot d’encouragement d’Ingrid et Sylvain du MTC ! Tous les jours jusqu’à la fin de la course ils nous auront encouragés, c’était génial. Merci les amis vous nous avez été précieux !
Même si la première nuit a été courte, nous petons le feu, enfin surtout moi ! Titi souffre affreusement de son tendon d’Achille et nous devons impérativement lever le pied. Nous nous faisons doubler par une bonne dizaine d’équipes, mais comme « little big man » est un solide, il reprend des forces après la Fouly dans la montée du Petit Col Ferret où nous croisons pour la première fois Eric et Nico (Équipe DKT). Le passage entre les petit et grand Cols Ferret est probablement un des plus beaux points de vue de la course. Le Mont Blanc est tellement plus sauvage et racé du côté italien… Cette étape est marquée par de nombreuses montées et descentes pas trop techniques et par notre seule et unique engueulade au sujet de la durée de la sieste avant Monzino. Titi m’avait envoyé des mails vantant les mérites des siestes courtes de 15 min max et souhaite en faire une de 30. Je m’insurge et gaspille une énergie inutile pour finalement céder à ses 30 minutes. On s’endort immédiatement, il me réveille au bout de 20 minutes pour me dire que je suis vraiment trop c.. il n’a pas pu dormir, moi si ! L’incident est clos nous n’en reparlerons plus, chaque temps de sieste sera accepté par l’autre jusqu’à la fin de la course. Dernière difficulté de la journée : le Mont Chétif. Il ressemble à un pic de 1000m très pentu dont la plus grande partie de l’ascension est réalisée en via ferrata, certains passages faciles techniquement réclament néanmoins du sang-froid compte tenu du vide. L’ascension est assez longue et l’itinéraire pas toujours évident, nous rattrapons pour la première fois une équipe de polonais que nous dépassons avant le sommet et qui nous doubleront dans la descente on nous perdrons du temps dans un dédale de pistes de ski !
La base de vie de Val Vény est superbe mais on nous demande de laisser toutes nos affaires dehors ! bizzare !
Nos corps revivent sous une douche brulante. Après avoir avalé notre repas, direction dodo. Il est 2h et nous ne nous accordons que 2h de sommeil, rideau !

Mercredi matin 4h – Objectif de la journée : Refuge de Balme 46km et 4600m de d+.
Réveil difficile car le manque de sommeil commence à se faire sentir. Nous déjeunons rapidement car cette journée promet d’être une des plus difficiles avec une montée au refuge Monzino sur via ferrata puis un itinéraire en terrain difficile (beaucoup de hors trace) jusqu’au refuge de Balme qui marquera notre arrivée dans le Beaufortain.
Après une petite erreur d’itinéraire nous attaquons la via ferrata au lever du jour. Elle n’est pas très difficile techniquement, nous avançons bien mais nous soufflons parce que c’est raide ! L’arrivée au refuge Monzino sera un des temps forts de la course. Nous nous trouvons devant la voie emblématique du Mont Blanc : L’intégrale de Peuterey avec ses aiguilles noires et blanche et la sortie par le pilier central du Fréney. Ça, c’est pour toi mon Galou Ferrari dans quelque temps ;-)
Après un…Orangina au refuge en compagnie de Maoro (son gardien super-sympa), nous réalisons une descente rapide avant de nous fourvoyer sur le glacier nous séparant du lac Combal en compagnie d’une équipe stéphanoise (je ne sais plus comment ils s’appellent). Nous déposons nos équipements de Via ferrata et filons au refuge Elisabetha car le mauvais temps arrive… Nous ne le savons pas encore mais nous ne reverrons le soleil que… dimanche matin avant l’arrivée.
Dormir, manger ou repartir ? Il pleut dehors, il y a des bourrasques et après une âpre discussion avec nos amis Eric et Nico, nous décidons malgré le mauvais temps de continuer ce soir le plus loin possible au moins jusqu’au refuge Robert Blanc puisque Balme semble déjà hors de portée pour cette étape.
Notre choix s’avère payant puisque qu’après deux ou trois heures le mauvais temps cesse, nous arrivons au refuge (merci Nico pour la navigation) ou après un bon repas (soupe, polenta et …Orangina) et 30 minutes de sieste nous reprenons la route direction Balme, il est 19h30. Eric souffre d’ampoules mais nous conservons un rythme rapide et régulier jusqu’aux Chapieux ou nous croisons la TDS. Il est 22H nous ne verrons pas Anne-Marie qui doit être loin devant.
Il nous reste l’ascension du Col de la Nova 1200m d+ puis une bonne descente pour arriver à Balme. Nous nous disons que nous devrions y être vers deux ou trois heures.
Je suis fatigué, épuisé, capot ouvert et phares allumés ! on décide de me mettre devant pour ne pas me perdre… La montée est horrible, c’est humide, ça monte dur, l’itinéraire est compliqué et je suis terrorisé par tous ces gens accoudés à leurs fenêtres à ma droite comme à ma gauche qui me regardent bizarrement dans des flashs ! J’ai beau me dire que je suis victime d’hallucinations, impossible de les chasser. Après 3h nous arrivons 150m sous le col de la Nova, nous sommes bloqués dans le brouillard, impossible de passer nulle part.
Nico tente un passage dans une barre rocheuse trop difficile pour être la bonne route. Titi (qui est moniteur d’escalade) le guide prudemment pour nous rejoindre à l’abri. C’est la tempête : bourrasques, pluie, grêle, brouillard, froid ! Nous sommes bloqués et tentons d’appeler le PC course via le téléphone : pas de réseau, via la balise GPS : ça ne marche pas ! Nous ouvrons une couverture de survie et nous blottissons tous les quatre les uns contre les autres dans un recoin de rocher. Nous resterons comme cela pendant trois heures à grelotter et claquer des dents jusqu’à l’arrivée d’une équipe de jurassiens qui avait reconnu l’étape et arrive au moment où le brouillard se lève. Non de Dieu, ça paraît maintenant évident mais merci les gars car nous commencions à filer du mauvais coton.
Nous arriverons au refuge juste avant le lever du jour et décidons de dormir 3h nous sommes laminés !

Jeudi 10h – Objectif : le refuge du petit Tétras (57km et 4500m de d+) 
Ma parole j’ai l’impression d’avoir fait la grasse matinée. Nous avions tellement besoin de ce repos après l’épisode du col la nuit précédente…
Notre objectif était de rallier le refuge du Petit Tétras mais avec un départ à 10h, inutile de dire que si nous arrivons à Beaufort, ce sera déjà bien.
La première partie d’étape est roulante, nous la connaissons bien puisque nous l’avions reconnue au lendemain de la victoire des bleus ;-) **
Nous passons la journée avec Éric et Nico et discutons beaucoup, un début de journée très agréable. La seconde partie est beaucoup plus technique avec l’enchainement de difficultés sérieuses : Grand Mont, Pointe de la Grande Journée et Mont Mirantin. Nous faisons une petite sieste d’une heure au refuge des Arolles avant d’attaquer les arêtes de nuit. Je me réveille en train d’étouffer, cet imbécile de Titi venait de me boucher le nez car…je ronflais ! C’est pénible tous ces gens qui croient que je ronfle !
Un des organisateurs (je ne sais pas son nom…que nous retrouverons plus tard avec Renaud Lefebvre avant d’arriver à Platé) nous demande de redoubler de prudence sur les arêtes, merci du conseil c’est vraiment chaud, chaud, chaud !
Il fait nuit noire et nous attaquons une série d’arêtes vertigineuses : vide à droite, vide à gauche. Il y a intérêt de rester concentré mais nous sommes rassurés par Titi qui nous rappelle à l’ordre. Titi en situation hostile, c’est 100% de sécurité ! Il se donne tellement durant cette descente qu’après avoir terminé les difficultés il titube et finit par s’endormir en marchant. Je m’avance à son oreille… Tu as 6 minutes ! pendant lesquelles je dormirai aussi.
On remerciera Elec de l’équipe polonaise virtuose du GPS pour nous guider dans le couloir de descente du Mont Mirantin en plein brouillard et aucun point de repère. Chapeau Elec
Nous finissons par arriver à Beaufort vers 4/5h.
Eric et Nico disposent d’un formidable atout dans cette course : Anouck, l’épouse d’Éric qui est à la fois infirmière, cuisinière et logisticienne ! Elle les accueille à Beaufort avec une tonne de matériel. Alors que dans le gymnase où nous sommes installés, Titi et moi occupons 5 ou 6m2 tous les deux occupent une grande partie du milieu de terrain. Anouck a dû faire deux ou trois aller-retour pour leur amener leurs affaires. Sachant que nous étions tous les quatre, Anouck nous a même préparé de magnifiques paniers-repas et soigné mon épaule ! Merci Anouck tu as été au top pour nous deux ;-)

Vendredi 7h – Direction Doran
Nous passons la première partie de journée tous les quatre jusqu’au refuge du Petit Tétras où nous cassons la croute vers 13h, dés 13 h 05 Titi s’endormira dans son assiette. Éric et Nico un peu plus rapides partent devant. Cette étape commence vraiment à l’heure où nous aurions aimé la terminer vers 20h mais nous ne sommes qu’à La Giettaz, le plus dur reste à faire. Depuis deux heures je souffre d’une contracture musculaire très douloureuse. Je ne connais pas ce type de douleur, je n’ose pas le dire à Titi mais je ne vois pas comment je vais pouvoir continuer : c’est impossible j’ai trop mal. La montée des Aravis est abominable ! Je n’ose plus parler à Titi, je laisse passer le temps, je ferai surement demi-tour plus loin… Tant pis pour l’instant j’essaye de continuer.
Il y en a qui ont vu la vierge, d’autres Bernadette Soubirou. Qui est devant nous ? Galou Ferrari ! Lorsqu’il a senti que la roue commençait à sérieusement frotter contre le garde-boue il a débarqué sans crier gare. « Bon Dieu La Chome qu’est-ce tu fous ! Viens te mettre à l’abri, je vais m’occuper de ta guibolle ! »
J’en ai encore les larmes aux yeux, il m’a allongé à l’abri m’a grimpé dessus, et m’a massé la cuisse pendant 20 à 30 minutes.
« Maintenant, vous dormez une heure les gars ! »
Après une heure, c’est quasiment miraculeux, la douleur est très faible et nous attaquons trois heures de montée ou nous nous faisons doubler par deux ou trois équipes dont Éric et Nico, les jurassiens et une équipe du Haut Doux (eux aussi une sacrée bande de solides, toujours en mini short lorsque les températures frôlent le négatif)
Nous avons du mal à trouver le sommet de tête Pelouse que nous avions pourtant reconnue un mois avant. Nous vacillons au milieu des chaos de blocs sous le sommet.
« Titi, 6 minutes ? » Yes ! Je branche immédiatement le timer de l’iphone et nous nous écroulons immédiatement dans les cailloux.
C’est incroyable comment 6 petites minutes peuvent remettre le facteur sur le vélo !
Le jour se lève dans la descente vers le trou de la Mouche et la tête de Paccaly. Ma cuisse me refait horriblement mal à l’Ambrevetta ou Titi me masse pendant un bon petit quart d’heure, ça repart doucement jusqu’à Doran où nous arrivons en milieu d’après-midi.
La patronne qui nous reconnaît (elle a suivi la balise et s’est inquiétée des marseillais cette nuit ;-)) nous accueille avec la bise ;-)
Nous retrouvons Éric et Nico (qui souffre d’une grosse contracture) avalons repas et Orangina, dormons une heure puis repartons fissa, direction Tré l’Épaule.

Samedi 17h – Direction Cham, ça sent bon, ça sent bon !
Notre plan initial prévoyait de quitter Doran vers 4h, nous avons 13h dans la vue ! Dans le fond ce n’est pas si mal après une semaine !
Descente à Luzier rapide, montée sur le refuge de Véran où nous retrouvons une équipe de monstres « J’ura jusqu’au bout ! » 
Nous nous relayons pour la montée du Colonney ou l’itinéraire n’est pas évident. Nous butons sur mur vertical de 6/7 mètres avec une corde.
Je me rappellerai longtemps ce moment-là : Claude l’ainé des jurassiens passe devant, saisit la corde à deux mains, se hisse à la force des bras, trouve de bonnes prises et franchit rapidement le passage !
Je l’entends encore : « Bon Dieu les gars, allez faut se bouger le c.., y a des bonnes prises, venez ! »
Claude tu es mon idole ;-)
Nous continuons ensemble jusqu’au sommet puis jusqu’au refuge de Platé où nous croisons Renaud Lefebvre de la sécurité accompagné de (je ne sais pas son nom…) qui vont renforcer les protections des passages précédents.
« Vous y êtes les gars, maintenant c’est gagné ! Gardez la tête haute et direction Cham, vous l’avez fait, bravo ! »
Comme moi Titi a bien entendu, ça sent bon bordel, ça sent bon !
Nous nous enfilons une soupe au refuge et dormons 1h sous une tente. 
Le réveil n’est pas abominable, il est atroce ! Nous sommes frigorifiés et défaits ! Nous claquons des dents à nous faire peter l’émail, nous tremblons comme des feuilles mais on s’en fout, Cham est maintenant à un jet de pierres.
P……mon Titi on va le faire !
Le départ de Platé est violent une montée sèche de 300/400m dans les cailloux puis la descente vers le dérochoir qui est un passage équipé de cordes et de barres métalliques. Une petite montée au lac du Pormenaz, une descente puis l’ultime montée au col du Brévent. Nous sommes fatigués dans la montée mais peu importe, Titi repère un caillou grand comme une table de camping qui nous permettra de nous assoir quelques instants. Il rate le siège en s’asseyant mais réussit une magnifique roulade qui se termine dans les buissons (Ten points !) : on part dans un fou rire qui nous booste. Ça y est j’ai déjà l’impression d’entendre Ludo au micro de l’autre côté de la montagne !
Nous entamons la descente sur Cham sous le soleil et les encouragements des marcheurs. Tous les 100 m de d- Titi m’encourage « Allez man serre les dents, elle va tenir ta cuisse »
Arriver à Cham un jour d’UTMB / PTL c’est boucler les 800 derniers mètres de l’étape de l’Alpe d’Huez avec le public qui hurle et nous tape dans les mains !
On descend la rue Joseph Vallot, devant le bistrot des sports, Ray Charles (Titi vient de mettre ses lunettes noires) me retient par l’épaule « Savoure Dam, on marche jusqu’au bout ! ». Là c’est un peu comme dans un film lorsqu’on a l’impression de regarder en silence la scène qu’on est en train vivre à 200 décibels. 
D’abord derrière les barrières, le futur maire de Cham (Bernard Farsy aussi heureux que s’il était lui-même finisher !) accompagné de Jean-Pierre puis Anne-Marie, Morgane, Jean-Philippe. On tombe dans leurs bras on s’embrasse, je ne sais pas si je vais arriver à contenir mes larmes… Titi ne se pose pas cette question. Je t’aime mon Titi, nous passons enfin l’arche et la ligne. C’est terminé, c’est fini, point final nom de Dieu ! Nous faisons désormais partie de la grande famille des Péteux !

Les bénévoles de l’organisation PTL, Pauline et Tout le MTC passent les barrières pour venir nous retrouver, certains pleurent comme nous, c’est incroyable ce que nous vivons ! C’est au tour de Cyril de terminer son UTMB quelques minutes après nous. Puis nous apprenons qu’Anne-Marie et Morgane ont cassé la baraque avec de super temps, bravo les filles !

Nous étions 119 au départ, 62 abandons, nous finissons 15ème ;-) place au podium et aux cloches qui ne cessent de sonner !

Nous filons à la potinière nous enfiler le menu qui nous faisait rêver depuis trois jours : Fondue savoyarde + pastis… Oui oui parfaitement !

Depuis une semaine, difficile de revenir à la réalité mais on s’accroche ;-)On vous remercie tous pour vos soutiens, SMS, Messenger, Fb et Cie…

L’équipe Marseille Trail Club / Titi & Dam

 

Weekend 3à juin- 1er juillet by MTC

Retour sur un weekend riche et dense du MTC dans les montagnes, par ci et par là.
- Au Mont-Blanc: bravo à JP d'être venu à bout de son bel objectif du nouveau 90Kms.
Bernard pour sa part s'offre une Trifecta comme disent les Spartan, 3 médailles de finisher (KV, 10Kms et Duo)...et Christian se régale sur le 10kms et le Duo.
Etienne s'offre une belle perf en finissant 50ème (sur 1873) sur le cross.

- A Valberg, après 3 jours de bénévolat et balisage, Patrick monte sur la 1ère place M3 sur le 28kms.

- Au Champsaur, sur le 55kms, ce sont nos féminines qui ont cassé la baraque (oserais-je dire ENCORE ???) avec les superbes performances de Søphïe et Lisa au scratch féminin, respectivement 1ère et 3ème et Yana 3ème de sa catégorie.
Heureusement, notre coach Expertrail Lionel sauve l'honneur masculin en finissant 10ème au scratch et 2ème M1.
On notera aussi la belle perf de Yannick qui franchit la ligne en 16ème position scratch.
Sur le 26Kms, Elias prend une première place Espoir.

Bravo et félicitations à tous pour vos performances, ainsi qu'à tous les autres MTCien(ne)s !!

MTC Power !!