La TDS 2015 dans la tête de Charles !

L’UTMB, c’est génial. On a beau dire les tarifs, la grosse machine, etc…

Mais croyez moi, quand vous l’avez vécu au moins une fois, vous avez du mal à vous en remettre.

L’ambiance à Cham et sur les parcours est extraordinnaire et vous ne retrouverez pas sur beaucoup d’autres courses la même chose et pourtant et j'en ai fais quelques unes…
Le jour du départ, je me suis glissé au milieu des coureurs sur la ligne de départ pour vivre un peu ce moment et c’était énorme. Pensez donc, des gars qui ont attendus au moins 2 ans pour avoir leur dossard, qui viennent du Chili, d’Australie ou d’ailleurs pour toucher le graal. Regardez le visage de ces traileurs privilégiés, c’est extraordinaire. Beaucoup, les larmes aux yeux, se réfugiaient dans les bras de leur femme ou de leurs amis parce que le grand jour était enfin arrivé. Alors quand ils commencent à envoyer la musique de Vangélis, c’est de la folie ! Demander à Seb…

Pour moi, cette année, c’était la TDS après avoir tâté de la CCC (2011), UTMB (2012 & 2013).

La course la plus sauvage, la plus belle et la plus « difficile » d’après certains.
Sur les deux 1ers aspects, je suis d’accord mais pas sur le dernier. Les chemins sont beaucoup plus techniques et laissent moins de répit que sur l’UTMB (plus d’enchainement de grosse montée et grosse descente), mais le fait de ne passer qu’une nuit dehors au lieu de 2, rend la course plus « facile ».
Accompagné de mes deux compagnons de galère Mr White et Quattro, nous avons pris le départ à 6h du mat par un grand beau temps chaud qui allait durer toute la semaine sur toutes les courses. Et Chamonix par grand beau, c’est juste magique.

Le début est assez lent et la montée jusqu’à Checroui par la piste ne permet pas de réduire les bouchons par la suite dans les montées à l’arète du Mont Favre et au col Chabanne.
Un arret technique juste avant le Lac Combal me fait perdre beaucoup de place mais ça tombe bien, je ne joue pas la gagne aujourd’hui. Mais cette 1ère partie me rappelle de grands souvenirs de l’UTMB 2013 dans le sens inverse.
Je rattrape Jean Phi dans la descente du col Chabanne (surement un hommage à Vincent de la part de l’orga ;) ) et on restera plus ou moins ensemble jusqu’à Bourg Saint Maurice (km 51).
Je ne fais pas long feu à ce ravito car la prochaine montée est rude (+1800m sous la chaleur) et je veux absolument attaquer la descente derrière vers le Cornet de Roselend de jour car elle est hyper technique.
Nombreux étaient les traileurs que je croisais, affalés par terre ! J’ai marqué 4 ou 5 pauses de 1’ mais en restant debout. Comme prévu, je fais la descente du Passeur de Pralognan vers le Cornet de jour et j’arrive à la nuit au ravito ou je croise super Morgane (pléonasme) assistante de choc de Jean Phi.
Puis commence la valse des montées et descentes avec les grandes guirlandes de frontales devant et derrière toute la nuit durant. C'est toujours magique même si on ne vois plus les paysages malgré une belle lune.

Toujours des chemins très techniques ou bien glissant car beaucoup de ruisseaux coulent sur les chemins.
Cette course est vraiment dure mais malgré des moments parfois très difficiles pour moi, il est hors de question de ne pas aller au bout.

Les bénévoles assurent toute la nuit une super ambiance dans les ravitos où croyez moi, il y a vraiment de quoi manger et boire en quantité et en qualité. Une soupe de pâtes à chaque ravito, il n’y a pas mieux mais si en plus vous pouvez l’agrémenter de morceaux de Beaufort !!! :P Arrivé à Notre Dame de la Gorge, je m’endors en marchant mais heureusement c’est sur une piste bien large et mes slaloms non contrôlés ne m’envoient pas dans la rivière. Au ravito des Contamines, je dors 2’ très mal installé sur un banc pour éliminer cette envie irrépressible de dormir. Dernière difficulté, le col du Tricot qui fait peur quand on le voit à la descente du chalet du Truc !!! 500m de d+ sur 3km mais finalement, en m’imposant une marche lente mais hyper régulière et sans arrêt, il passera assez facilement. C’est la seule façon que j’ai toujours trouvé en ultra pour passer les quelques grands « murs » auquels j’ai été confronté. Pas possible de courir dans la descente vers les Houches et vers Chamonix par manque de cuisse et à cause de pieds chargés d’ampoules. Puis à ma grande joie, c’est l’arrivée à Chamonix à 13h50 après 31h50 de course où un public de feu et une armée de photographe m’attendent sous l’arche d’arrivée ! En fait non, ils attendent le 3ième de l’OCC… Je ne m'attarde donc pas sous l'arche ! Bilan : -Des paysages traversés sublimes au cours d'un trail difficile. -Je me classe 1072/1800 partants mais avec près de 600 abandons. -Très beau temps mais un petit vent frais par moment a permis de limiter la casse. Je pense qu’ils ont eu plus chaud sur la CCC et l’UTMB.